-17%
Le deal à ne pas rater :
TOSHIBA 43UA3A63DG TV 4K UHD – 43″
305.99 € 369.99 €
Voir le deal
-34%
Le deal à ne pas rater :
Perforateur burineur SDS+ MAKITA DHR202RM1J avec batterie et coffret ...
295.99 € 449.80 €
Voir le deal

all hope abandon, ye who enter here ► drew (hv + hi) (done)

all hope abandon, ye who enter here ► drew (hv + hi) (done) Empty all hope abandon, ye who enter here ► drew (hv + hi) (done)

Drew Rowenwook
Drew Rowenwook


Race du personnage : mi-humain.e & mi-démon.e

all hope abandon, ye who enter here ► drew (hv + hi) (done) | le Mer 24 Avr - 6:57



AVATAR

Votre personnage


Avatar : louise by lesly.oh (insta)
DC ou TC ? : //
Âge : 19 ans
Orientation sexuelle : transexuelle (ne s'assume pas) + panromantique
Race : mi-démone et mi-humaine
Groupe : esclave
Métier : dealeuse clandestine et très illégale de drogues en tout genre


Parlez donc un peu de vous

Code du réglement (répondez à la question): 42 *ahem* (+27) -> le 14
Âge : presque un quart de siècle
J'ai signé le réglement : oui
Une dernière volonté? : sorry daddy i've been naughty (sorry father for i have sinned) ~


PHYSIQUE

Drew fait environ un mètre cinquante-cinq. Ses cheveux coupés à l’épaule sont brun chocolat sur le dessus, avec des mèches blanches en dessous. Ils sont plats naturellement et elle déteste les attacher, ni ne veux les laisser pousser. Elle ne veut plus jamais que quelqu’un ne puisse les tirer, les arracher, la trainer par les cheveux ou quoi que ce soit d’autre. Sa peau est légèrement tannée par le soleil et elle a des tâches de rousseur sur le nez. Sa peau entière est parcourue de cicatrices en tout genre : brûlures, coupures, longs traits ressemblant à ce qui peut être des coups de ceintures ou de fouet, et plus encore. Elle est menue, mais sans être maigre. De grands cernes soulignent ses yeux noirs constellés de peurs, de cauchemars et de ténèbres. Lorsqu’elle vous regarde, elle le fait avec une telle intensité qu’on pourrait croire qu’elle est capable de lire en vous. Souriante maintenant, personne ne pourrait se douter des histoires d’horreurs cachés sous ce sourire qui semble la rendre tout douce, innocence, rieuse et taquine. Lorsqu’elle ne sourit pas, elle a l’air froide, renfermée. Son corps est celui d'une fille. Elle sait que son corps aurait dû être celui d'un garçon, mais la peur des hommes lui a fait se renfermer ce sentiment et cette envie bien au fond d'elle. Peut-être quelqu'un, un jour, réussira t-il à la faire accepter cette partie d'elle-même qu'elle nie avec une violence inavouable.


CARACTERE
méfiante + solitaire + débrouillarde + renfermée + loyale + forte + battante + effrayée par les hommes + instable + reste comme une enfant donc l'enfance a été volée + déterminée, elle n'est pas du genre a abandonner + manque cruellement d'affection + rêveuse, qui se réfugie souvent dans son monde imaginaire pour échapper a la réalité + très observatrice + froide par moment + parle peu + rusée + très très indépendante + froide envers les étrangers + fait peu confiance, mais une fois sa confiance accordée, n'osez jamais la briser + autonome + aguicheuse quand elle veut + excessivement sarcastique + n'acceptera que ce qu'elle veut faire + de la difficulté avec l'autorité, par peur de se faire abuser + arrogante à ses heures + introvertie + très intelligente + curieuse + aime provoquer pour choquer les gens + manipulatrice à ses heures


POUVOIR
Son pouvoir lui est pour l'instant inconnu. [à voir en RP dans le futur.]


HISTOIRE

/!\ ATTENTION: Certaines parties de cette histoire peuvent choquer, heurter la sensibilité des plus jeunes. Âmes sensibles s'abstenir. HV & HI /!\


just a shadow

Le noir. Puis soudain, une lueur. Une lueur au loin qui vient chasser cet univers de Ténèbres. La lumière de la vie, celle qui m'a vu naître. Je m'approche doucement de cette lumière qui m'aveugle et me permet d'y voir plus clai. Cette lumière est ma vie et ma mort, mon éternité. Cette lumière me tuera et me donnera la vie en même temps. Elle fera de moi ce que je suis mais n'est pas. Puis soudain, je suis né. Mais, suis-je là ? Je suis là et pas à la fois. Existant et non existant à la fois. Du coin de l'oeil, je suis d'apparence solide, mais dès que vous tournez le regard, dans votre angle mort, je ne suis que fumée. Invisible. Je n'existe pas, mais si pourtant. Mais suis-je existant dans cette dimension ou dans une autre ? D'où vins-je ? D'ici et de nul part. Que suis-je ? Rien. Rien et tout. Je suis le mensonge, la vérité, la folie et le saint. Je suis l’Invisible. Et pourtant, tout ce que vous croyez qui est n'est pas. Tout ce qui existe n'est pas, n'a pas lieu d'être. Rien n'est ce qu'il semble être mais pourtant je suis là. Et non, car je ne suis qu'une projection. Qu'un vide qui s'ancre dans le tout. Puis je suis formé. Mais pourtant, je suis loin. Je suis tout près mais atrocement loin. Vous pouvez sentir ma présence, la toucher, l'effleurer, la caresser mais pourtant ce n'est rien. Rien qu'un obscur néant qui existe tout autour de vous. Mon Père ne sait pas quoi faire. Lui, mon géniteur, mon créateur. Il ne sait pas comment il m’a créée, moi, ni comment je suis arrivée là. Il a enveloppé mon âme dans un ballot de soie et l'a déposé dans le corps d'un nourrisson qui naissait. Mais cela aura eu des conséquences. Dans la tête du nourrisson; des voix. Des millions de voix qui se bousculent, se harassent, s'arrachent et se nuisent. Des voix qui hurlent, murmurent, pleurent ou jubilent. Trop de voix, trop de bruit. Trop de souffrances. Elles cherchent toutes à parler, elles, qui sont des Illusions, des parts de ce qui est et de ce qui n'est pas. Une partie de ce qui existe, de ce qui a été et ce qui sera. Mais tout cela, ce passé, ce présent, ce futur, oui, tout cela dépend des choix qui seront faits, qui ont été faits et qui seront dans un futur proche et éloigné. Ma Destinée. Qu’est-ce ? Tout cela est en constant changement, tout cela n'est pas prévisible mais prévu depuis des millions d'années. Rien n'est certain, mais tout est clair. Des voix et une Destinée. LA Destinée. Voilà de quoi je suis fait, ce que je suis et ne suis pas en même temps. Mais tout cela ne s’est pas passé en même temps. Il y a eu de longues, très longues années entre ces deux évènements. Mais, combien ? Qu’est-ce qui était vrai, faux ? Était-ce la vérité ou quelque mensonge sublime ? Personne ne savait réellement, pas même les Anges, les Démons ou autre créature qui peuple cette Terre depuis déjà trop longtemps et pas assez.

Lorsque j'eus entré dans ce corps humain, ce nourrisson vagissant à plein poumons, les yeux pleins de folie et de douleur, je perdis tous mes souvenirs de ce que j'étais; une âme. La seule chose qui me resta fut les voix, qui étaient des Illusions, des choix, ce qui pourrait être et ce qui est. Mais plus que tout, elles sont des embrouilles, elles ne sont là que pour me confondre, me dérégler, me retirer de ce que je crois être vrai. Elles ne sont là que pour faire du mal, me démolir. Ainsi commença ma vie humaine. Vide, seul, perdu. Quelque chose, quelqu'un que l'on voit, qui est là, mais qui est effacé comme une ombre, comme un mirage Une parfaite illusion. Ce qui me décrit assez bien. Mes cheveux étaient bruns. Ça, je le savais. Je savais aussi que mes yeux étaient d’un bleu perçant. J’étais invisible aux yeux de la société, une enfant brisée, perdue au milieu de tourments, de douleurs et de destinées, d’esclavagisme, le tout en complément avec des voix qui peuplaient inlassablement mon esprit tourmenté.


Alors je fus projeté dans ce corps. Une lueur blanche m'y portait. Puis soudain, la brûlure de l'air dans mes poumons, une violente douleur à la tête me fit hurler et je ne fus plus qu'un bébé naissant tout juste bon à hurler sa naissance, sa première bouffée d'air. Ce bébé qui, par la suite, sera nettoyé et remis à sa mère. Une mère heureuse, qui après la souffrance de l’accouchement, se sentait vivre pleinement, comme si ce petit quelque chose qui avait manqué à sa vie venait enfin de prendre place pour compléter enfin son être. Mais, je n’étais la fille d’aucun père. Il ne méritait pas ce titre. Personne ne savait qu'en moi, tout au fond, sous une masse d'Illusions et de mirages, d'embrouilles, sommeillait en réalité un garçon. Un garçon. Pas même moi. Je l'avais oublié. Autour de moi, tous ces gens étaient en extase devant la petite fille que j’étais, disaient-ils. Non ! C’est faux ! Rien n’est plus faux ! Je suis un garçon. Mais eux, ils ne le savaient pas encore. J’allais l’apprendre plus tard, lorsque la vie m’aurait appris à parler, à comprendre le monde par moi-même, à exister et à faire taire les voix qui se fracassaient sans répit dans mon crâne.

you gotta survive

Homme. Man. Mann. Hombre. Fear. Dyn. Uomo. Chelovek. Peu importe la langue, je détestais les hommes, les garçons. Y compris moi-même.  Je me détestais, ou plutôt haïssait avec une ardeur brûlante mon corps de fille. Pourquoi avais-je dû naître dans ce corps infâme, affreux, maudit ? Était-ce une malédiction?  J’haïssais ce corps de fille trop faible pour leur survivre, pour leur résister. J’haïssais ce corps qui ne me permettais pas d’être ce que j’étais réellement. Assise à la minuscule fenêtre de la chambre, toute recroquevillée sur moi-même, je pleurais en regardant les étoiles et la lune briller au loin dans l’immensité du ciel. Étais-je quelque chose ? Quelqu’un ? y avait-il quelqu’un dans ce vaste monde qui me regardais pour ce que moi j’étais ? Probablement pas. Pour eux, je n’étais que quelque chose à asservir, à détruire, un vulgaire objet pour assouvir leurs besoins. Une esclave. Un esclave. Déglutissant et soupirant, je sursautai violemment lorsque la porte de ma chambre s’ouvrit. IL tenait une fille par le bras, pas tellement plus vieille que moi.
Peur.
Angoisse.
attentions âmes sensibles:
J’étais pétrifié sur place alors qu’il lança la fille sur ce qui servait de lit; un matelas tout décrépit, plein de trous, gracieuseté des mites et autres parasites. IL me regarda, sourire carnassier aux lèvres. Il voulait que je fasse subir le même sort à cette fille que ce qu’IL faisait subir à ma mère à tous les soirs dans la chambre à coucher. Je frissonnai. NON! Hors de question que je fasse cela à cette pauvre fille. Lorsqu’IL vit que je n’avais aucune intention de bouger, il vint vers moi de ses grosses jambes lourdes et grasses et me jeta à mon tour sur ce lit. Presque tout plutôt que de faire subir l’enfer à cette fille. La porte s’ouvrit et d’autres hommes arrivèrent.
Puis vint la Douleur.
La douleur, la honte, la sensation de souillure.
La Mort.
Je m’immergeai dans mon petit monde, cessant d’exister et d’être attentive à ce qui se passait autour de moi, jusqu’à ce que tout se termine. Je dus perdre conscience, car lorsque j’ouvris à nouveau les yeux, j’avais mal partout. Surtout . Mais la plus grande douleur, c’était la honte.
Cette honte me faisait encore plus mal que la morsure du froid dans cet appartement mal isolé, ce froid qui dansait sur mon corps chétif, pâle, lacéré et nu.
Comment pouvais-je encore être intacte après cela ? Avant, jamais il n'avait été aussi loin, jamais avec moi, car ma mère s'interposait toujours. Sans que je ne m'en rende compte, de grosses larmes brûlantes dégoulinaient sur mes joues glacées. Habituellement, il n’y allait pas avec plusieurs personnes, encore moins en même temps. Il n’avait jamais été plus loin que de s’amuser avec ses mains grasses et dégoutantes.
Pouvais-je continuer à vivre ?
J’avais envie de mourir, les voix dans ma tête me le conseillait, et elles me disaient aussi de leur enlever la vie. De leur prendre aussi ce qu’ils avaient de plus précieux et qui pendouillait entre leurs jambes. Pourrais-je le faire ? Je frissonnai de froid, de honte, de peur. De dégoût. Contre moi-même, envers eux, envers la terre entière et ce corps dégoûtant qui n’était pas le mien. Il avait beau être un démon de basse extraction, dans ce monde peuplé de créatures qui nous avaient soumise à leur autorité, il était bien pire que certains démons, pour ce que j’en savais. La plupart des démons m’avaient presque l’air gentils, affectifs et protecteurs envers leurs esclaves humains, comparé à ce porc qui avait prit mon enfance.

J’avais dix ans. C’était ce qu’il disait être le cadeau du passage de ma dizaine. J’entrais dans ma dizaine, je devrais apprendre à bien me comporter, à obéir, à être capable de faire tout et n’importe quoi, peu importe mes désirs, mes peurs et bien autre chose. Je me devais de faire tout ce que les autres voulaient de moi, peu importe la demande. Après tout, je n’étais qu’une fille, une fille esclave. J’eus à peine le temps de me tourner sur le côté que mon estomac se rebella, malgré l’absence de nourriture ou quoi que ce fut en son intérieur. Je rendis de la bile partout, l’acidité me brûlant la gorge. Je tendis l’oreille. Rien. Je tremblais d’épuisement de la tête aux pieds. Il ne serait pas de retour avant le soir, alors aussi bien prendre une douche.
Je me levai de peine et misère, me trainant plus que je ne marchais vers la salle de bains et poussai les robinets à la plus chaude température possible, avec seulement un peu d’eau froide. J’y restai jusqu’à ce que l’eau chaude cesse de couler, laissant l’eau glaciale essayer de nettoyer cette souillure en moi. Assise dans la baignoire, sous l’eau qui me coulait dessus en longs jets, je pleurais pour toutes ces fois où je n’avais pas pu pleurer.
Pour toutes ces fois où il m’avait frappée, car je n’étais qu’une fille, qu’une simple esclave sensée être capable de supporter tout et n’importe quoi, de devoir agir sans prendre en compte mes désirs, tout ça pour plaire aux hommes, car c’était eux les plus forts. … S’ils l’étaient réellement, alors pourquoi les démons et autres créatures nous tenaient-ils en esclavage ? J’eus un petit rire sans joie. Ils étaient dégoûtants, tous autant qu’ils étaient ! Même si j’aurais préféré être vendue à un démon au plus tôt, mais malheureusement, aucun n’avait décidé de me prendre. Sans doute voyaient-ils à quel point mon corps avait été souillé, brisé, qu’il avait mal et qu’ils ne voulaient pas d’un jouet brisé et mort qui ne ferait que se laisser mourir dès les premières blessures, n’avant plus aucune envie de quoi que ce soit, ne faisant qu’obéir sans réfléchir, comme un automate sans cerveau.
Dans ma tête, les voix me criaient de tous les tuer. Pendaison, assassinat, poison, drogues. Accidents. Les causes étaient multiples, toutes dans de différents contextes. Bien évidemment, j’avais vu sa mort à lui, et je la revoyais chaque fois qu’il me frappait, ou qu’il touchait ce corps brisé et fragile qui était le mien. C’était sa mort que je voyais, celle que je rêvais de planifier, de faire et qui m’aidais à tenir dans les pires moments. Un jour, un jour j’aurai ma vengeance. Mais pour le moment, j’étais trop faible, trop brisé, trop … fille. Trop rien.
L’était-il vraiment ?
Je penchai la tête vers ce corps défiguré, trop blanc, trop imprégné de cicatrices pour quelqu’un en si bas âge. Des brûlures, de longues cicatrices faites à coup de coupeaux, de ceintures, de fouets, et bien plus encore. Les marques de brûlure de ses cigarettes, d’une flamme quelconque. Puis, parmi toutes ces marques, il y avait celles que je faisais dans ma fine peau pour tenir le reste de ma douleur à l’écart.
Peut-être que je les repoussais, les créatures, les animaux, les autres humains. Aucun animal n’aimait s’approcher de moi. Ils partaient tous, effrayés, dans l’autre direction. Qui voudrait d’une poupée fragile comme de la porcelaine, sans conscience, vide, qui se briserait au moindre souffle de vent ?

happiness is a lie

Cinq années avaient passées et rien n’avait changé, sauf les fréquences de SA visite dans ma chambre à coucher, les bruits qu’il faisait en touchant mon corps, le nombre de personnes qu’il autorisait à venir faire ce qu’ils voulaient de mon corps. Les coups, les hurlements, les pleurs, rien n’avait changé. Si ce n’est que les cicatrices et la petitesse de mon corps. Dehors, il pleuvait. Une journée que j’adorais; l’air ambiant lorsqu’il pleuvait, cette odeur enivrante. IL n’était pas là depuis la veille, parti faire on ne sait quoi on ne sait où. Probablement dans des bordels, tout compte fait. Ma mère toqua à ma porte, à peine plus d’un effleurement qui me fit sursauter, qui fit faire battre mon cœur à un rythme affolant. Ma respiration se bloqua dans ma poitrine, jusqu’à ce que je me rende compte que c’était ma mère. Un grand sourire aux lèvres, elle me fixa avec des étoiles dans les yeux. La dernière fois que j’avais vu ma mère avec ce visage, c’était pour m’annoncer, lorsque j’avais cinq ans, qu’elle venait de faire la rencontre d’un homme merveilleux, charmeur et qui la traitait comme une princesse. Ce qui, au fil des semaines et des mois, c’était vite avéré être le pire des mensonges. Ma mère était devenue son pantin, son jouet, et ce fut pareil pour moi. Elle avait dû faire des choses dont elle avait refusé, encore à ce jour, de me dire la nature pour payer sa pitance, comme il disait. Il ne l’avait pas invitée, elle et moi inclus, à vivre chez lui gratuitement. Nous n’avions plus droit de sortir, de parler à personne. Notre nourriture devait se gagner, nous devions la mériter. Tout comme les vêtements trop grands et sales, troués que nous portions. C’était mieux que de vivre dans la rue ou à la Tour des Esclaves, disait-il. Lui, il nous aimerait et nous protégeraient pour ce que nous étions. Que de mensonges.
Au fil des années qui passaient, je me rendais compte que les créatures, bien qu’elles nous aient mis en position de soumission, ne nous traitaient sûrement pas si mal que ça. Ils avaient moins l’air effrayants, moins dangereux, moins pervers que ce porc que ma mère devait supporter tous les jours. J’avais envie que l’un d’eux me sorte de cet enfer terrestre. Pourquoi disaient-ils que l’enfer n’était que pour les démons ? Sûrement ces derniers ne savaient pas que les humains avaient le leur, et en jouissaient dans une certaine liberté.
Mais maintenant, ma mère souriait. Elle n’avait pourtant aucune raison de sourire, pas dans cet enfer qu’était nos vies.

- Regarde, Drew ! Regarde! Me dit-elle, émerveillée et joyeuse comme jamais je ne l’avais vue depuis mes cinq ans. Une clé. J'ai un contact dans la Rébellion, il nous prête un appartement ! murmura t-elle si bas que j'eus presque peine à l'entendre. Mieux valait ne prendre aucun risque.


J’écarquillai les yeux. Je me relevai, le dos droit, toute attentive. Elle m’expliqua qu’elle et moi, sa petite fille chérie adorée, allions enfin pouvoir vivre nos vies. Nos vies. Qu’elle avait réussi à avoir une clé, avec de l’argent, et que nous allions recommencer notre vie ailleurs en Amérique, à New York. Avec elle se trouvait quatre valises, dans lesquelles se trouvaient tout ce que nous avions de plus précieux : des souvenirs, des livres. Pas de vêtements, pas de nourriture ni de meubles, rien. Nous allions trouver tout ce qu’il nous fallait à New York, dans un bel appartement éclairé, bien isolé. Loin de LUI. Elle avait trouvé un appartement ailleurs et nous allions déménager.
Trop d’heures plus tard, épuisées, affamées, nous étions dans un métro à New York, changeant d’endroit pour aller dans un petit quartier pas trop riche, ni trop pauvre. L’appartement que ma mère avait trouvé - quelques heures et des dizaines de téléphones plus tard – était meublé, avec eau chaude et électricité. Nouvelle ville, nouvelle culture, nouvelles libertés. Tout était nouveau. Pour fêter cela, elle commanda un plat typiquement américain, et la gentillesse du livreur la fit rire. Moi, cachée dans un coin un peu plus sombre de l’appartement, j’avais regardé cet étranger les yeux plein de peurs. Sans doute croyait-il que le Maître de ma mère était dans une autre pièce. Un autre homme. C’est cachée dans le noir, presque invisible aux yeux de quiconque que ma mère m’avait trouvée après avoir payé le jeune livreur et fermé – et verrouillé – la porte derrière elle. Elle vint vers moi, me serra dans ses bras à m’en faire éclater toutes les côtes, mes maigres côtes. Je me tendis, effrayée et elle me lâcha aussitôt en voyant mon air terrifié. Elle me sourit tristement et m’invita à la rejoindre sur le sofa pour déguster notre premier repas. Trois jours plus tard, ma mère rentra à la maison toute heureuse; elle avait trouvé un boulot comme esclave. Heureuse, je lui sautai dans les bras et nous fêtâmes cela avec une pizza au fromage. Une semaine plus tard, près de douze jours après notre arrivée en territoire new-yorkais, on toqua à la porte. Ma mère me lança un regard terrifié; personne ne connaissait notre adresse, personne. Je pris peur, et j’allai me cacher dans un grand placard de la petite cuisine adjacente à la salle de séjour. Ma mère prit une grande respiration et ouvrit la porte. Moi, cachée dans les ombres du placard, je n’osais plus faire un seul bruit, pas même respirer.
Terreur.
attention petits yeux sensibles:
Je n’eus que le temps de voir SON visage, rouge et déformé par la haine. Comment nous avait-il retrouvées ? Empoignant ma mère par les cheveux et la trainant dans la salle à manger, il frappa sa tête sur le carrelage de céramique du comptoir. Mettant ma main devant ma bouche pour étouffer les cris, je regardai ma mère se faire frapper, ruer de coups de toutes sortes : ceinture, poings, pieds, sur le comptoir. Puis, finalement, le coup de couteau. Mes larmes coulaient en silence et je ne pus articuler aucun son, tellement effrayée que j’en étais muette, paralysée. Il s’empara ensuite de son corps inerte et sans vie dans un acte de pure horreur pour ma part.
Tout devint flou, brouillé par les larmes et la peur. Je savais qu’il devait me chercher après, mais je savais que tant que je resterais cachée dans cet endroit exigü, il ne pourrait pas me trouver. Il quitta l’appartement après son acte ignoble sur ma mère et ferma la porte.
Une heure plus tard, j’allai dans la salle de bains, et retirai l’argent caché. Tremblant toujours de la tête aux pieds, chancelante et la vision floue, incapable de réfléchir à autre chose qu’au meurtre de ma mère qui passait en boucle dans mon esprit, je quittai l’appartement par la sortie de secours en courant et m’enfuis sans regarder où j’allais, m’enfonçant de plus en plus dans les quartiers mal famés, sombres et infréquentables de New York.  Je cessai de courir après une vingtaine de minutes. Mon sac à dos chargé de quelques vêtements de rechange, de nourriture, d’argent et d’une couverture. Je ne savais pas où aller, ni que faire. Alors je finis par m’installer dans un coin sombre, cachée dans l’ombre entre deux bennes à ordures, m’évitant de malencontreuses rencontres avec des garçons et des filles qui auraient pu abuser de moi dans mon sommeil.

to find a home

Un mois passa. Je fis mon possible pour rester loin de tous, ne pas me faire remarquer. Être invisible. Rien ni personne ne pouvait désormais dire mon genre. J’étais un peu sale, effrayée, affamée. Mes vêtements trop grands et mes cheveux en bataille, ma peau pâle et mes yeux noirs ne laissait que transparaitre ma peur, et un manque de confiance. Mon corps trop petit, ce corps brisé et froid, glacé par l’air du soir, ce corps qui n’était pas le bon me portait toujours malgré la fatigue. Après quelques pas vers un endroit encore plus sombre et décharné, où j’avais espoir de me cacher pour la nuit, je trébuchai contre quelqu’un, m’étalant au sol. Faible et incapable de me défendre, je levai des yeux terrifiés vers la personne qui se tenait devant moi, ou à mes côtés, je ne savais plus vraiment.

Effrayée, affamée, épuisée, je me sens blêmir. Impossible de bouger dans mon état si pitoyable. La voix est froide, comme ce froid qui règne dans la tombée du soir. Je frissonne de tous mes membres, y compris de peur et me traine péniblement vers ce mur et ramène mes jambes près de moi, serrées contre mon torse, dans une fausse position de protection, un petit semblant de confort dans l’horreur et l’angoisse de ce qui va suivre. Serrée contre le mur, je fixe la personne que j’ai heurté, incapable de bouger plus, de parler, de faire quoi que ce soit d’autre que de la fixer, les yeux écarquillés par la terreur.

- Tu m’as pas entendue ? Ok, j’vais te défoncer.

Ceci dit, la fille se rue sur moi et m’empoigne par les épaules d’un geste vif., Trop terrorisée pour articuler un son, trop faible pour me défendre, je ne peux que sentir les larmes brûlantes couler le long de mes joues amaigries. Je sens qu’elle me repose à peine eussé-je décollé du sol. Les yeux mouillés de larmes, la seule chose que je vois sont des souvenirs désagréables de ce temps où j’avais encore ma mère, ce moment où les coups pleuvaient pour aucune raison, où les menaces de morts étaient plus régulières que le lever du jour et la tombée de la nuit.  La fille s’accroupit devant moi soudainement et me pose plein de questions d’un coup, mais perdue dans mon petit monde de peur et de douleur, de souvenirs terrifiants, je n’entends que la dernière question, comme dans un brouillard. Elle voulait savoir où était mes parents.

- Mes parents sont morts … répondis-je d’une voix presque inaudible après une minute ou deux.


Ma mère avait été sauvagement assassinnée et mon père .... mieux valait ne pas y penser. Il ne méritait pas ce titre. Dans une voix triste, la jeune fille face à moi me dit qu’elle est désolée. Être désolée ne changera rien, mais c’est mieux que rien. Je sens que je tombe lentement vers le sol, beaucoup plus épuisée que ce que je pensais. La tête penchée sur mes genoux, le tout replié contre ma poitrine, je me réfugie dans une petite boule. Je tremble et j’essaie d’échapper à son regard. Les larmes ne cessent pas de couler et elle me dit qu’elle peut faire disparaître la douleur si j’en ai quelque part. Je me retiens de soupirer. J’ai mal partout. Mon âme a mal, chaque petite cellule de mon corps souffre. Mes bras, mes mains, mes pieds, jambes. Mon dos, mon ventre … Plus bas aussi, ça fait mal. Ça fera toujours mal, cette brûlure invisible qui me rappelait sans cesse les gestes et abus répétés. Ces mains sales qui m’avaient touchées sans cesse, sans relâche, que pour leur amusement pervers. Peut-elle soigner cette douleur-là ? Je pense lentement à mes avant-bras, à mon corps entier strié de marques, de brûlures. La plus grande douleur est celle d mon esprit, de mon corps qui veut mourir, qui n’a rien pour se rattacher à cette vie de merde.

- Me touche pas, murmurais-je en me recroquevillant encore plus sur moi-même.

J’avais peur que si elle ne faisait qu’effleurer ma peau pour plus qu’une demi-seconde, que je sois malade, ou autre. Je refusais qu’on me touche, même pour une fraction de seconde. Et puis, comment allait-elle pouvoir me soigner ? Enlever la douleur ? Il y avait eu ces gens louches qui m’avaient proposé de petites pilules d’apparence inoffensive pour me garder au chaud, pour me faire oublier ma douleur, pour me rendre joyeuse, qu’ils disaient. Allait-elle m’offrir ces petites pilules du bonheur, celles qui enferment dans un rêve utopique duquel on ne peut jamais remonter ? Soudain, elle met sa main sur la mienne et je me sens basculer dans une vague de peur et de souvenirs. Mes yeux perdent de leur focus et j’hoquète violemment alors qu’elle lâche finalement ma main. Je me rétracte le plus que je peux contre le mur. Ma respiration se fait laborieuse un moment. Elle me demande si j’ai faim et je hoche la tête fortement. Je me relève lentement, m’aidant du mur comme appui, ne faisant pas confiance à mes jambes tremblantes sous la fatigue et le manque flagrant de nourriture depuis deux semaines. Elle s’éloigne de moi. Je fais un pas hésitant vers elle, mes yeux noirs comme la nuit ne la quittant pas, la peur au ventre. Malgré qu’elle fût gentille, j’avais peur, et je ne voulais pas faire confiance si aisément. Je décide tout de même de la suivre et, le temps que je me rende compte, elle m’avait trainé à un appart un peu miteux, mais chaud, et m’avait enroulée dans une chaude couverture. Je ne me rendis que peu compte que c'était un des appartements à la Tour des Esclaves. Elle m’assit à la table de la cuisine pendant qu’elle cuisine un repas chaud et simple. Après un long moment, elle arrive avec nos plats chauds, fumants. Je souris comme un enfant face à un cadeau de noël : enfin un repas chaud ! Je prends ma fourchette et mange lentement, mais pas trop tout de même. Nous mangeons en silence, chacune perdues dans nos pensées, ne sachant que faire l’une de l’autre, ni comment réagir sans doute. Une fois le repas terminé, elle fait des chocolats chauds et je me sens de mieux en mieux, un peu plus détendue. D’une poche de son blouson, elle sort une cigarette, ou ce qui s’y ressemble. Elle le pose entre ses lèvres et l’allume, un parfum étrange emplissant la pièce. Elle me le passe en disant que ça fera disparaître ma douleur, et j’hésite un instant avant de le prendre d’une main tremblante et d’aspirer une bouffée avant de m’étouffer. Ça avait un étrange goût de citronnelle, et quelque chose me disait que ce n’était pas de la cigarette, mais je m’en foutais. Si ça pouvait m’aider à mieux me sentir, alors pourquoi pas ? Après tout, je n’avais plus rien à perdre. La fille me fit un petit sourire et je repris quelques bouffées avant de le lui rendre. La tête me tournait agréablement et je me sentais mieux; plus joyeuse, moins effrayée, apaisée. La sensation était ahurissante, inespérée et merveilleusement parfaite. Je fermai les yeux, un petit sourire amusé aux lèvres.

- Tu as quelque part où dormir ce soir ? Tu peux rester à mon appartement…  commence-t-elle. Je ne t'avais jamais croisé à la Tour avant ...

Je l’entendis se lever et aller fouiller dans une autre pièce. Elle revint et me secoua l’épaule avant que j’aie la chance de m’endormir et me poussa lentement vers une salle de douche, déposant vêtements propres et serviette avant de m’indiquer savons, shampooings et le fonctionnement de l’eau chaude et celle de l’eau froide. Elle referma la porte derrière elle et j’ouvris l’eau chaude, enlevant mes vêtements sans trop oser regarder mon corps. Je restai longtemps sous le jet brûlant, profitant du confort et de la chaleur après m’être enfin débarrassé de la crasse qui composait chaque pore de ma peau. Lorsque je fus propre de la tête aux pieds, je me sentis mieux. Je me séchai et m’habillai. Un jeans un peu trop long, mais à la bonne taille, ainsi qu’un t-shirt trop large sous lequel je mis un col roulé en coton. J’enfilai des chaussettes et séchai mes cheveux, les laissant humides sur les vêtements. Je sortis de la salle de bains et la retrouvai dans le salon.

- Je … Merci pour tout … Au fait, je m’appelle Drew. Je suis arrivé dans cette ville ça fait pas si longtemps., dis-je d’une voix d’où perçait la fatigue.

- Moi c’est Meagan, si je ne te l’avais pas dit, s’excusa-t-elle avant de me tendre une deuxième couverture et un oreiller. Allez, tu as besoin de repos, je suis dans la pièce d’à-côté si tu as besoin de moi, d’accord ?


your destiny runs after you

Quatre années s’étaient écoulées depuis ma rencontre avec Meagan. Elle avait fini par tomber dans l’œil d’une démone lors de la visite de celle-ci dans notre appartement. Pour ma part, rien. Elle m’avait laissé l’appartement, ainsi qu’un petit commerce clandestin de drogues en tout genre. C’était devenu ma vie; vendre, réceptionner, fumer, tester. J’avais probablement essayé toutes les drogues possibles et en consommait régulièrement. Avec l’aide de certains garçons – deux pour être précise – j’avais appris l’art du combat à mains nues, avec armes, j’avais appris à user de mes mots pour me défendre, à devenir autoritaire. J’avais changé. J’avais appris à ne plus me laisser marcher sur les épaules, à relever la tête et répliquer. J’avais appris la défense; à me tenir pour moi-même et ne plus m’écraser devant les autres. Eux aussi étaient partis, mais pas avant de m’avoir fait croire à une possibilité que tous les hommes n’étaient pas aussi pervers, mauvais que celui qui m’avait volé mon enfance et mon innocence. J’avais appris à lentement refaire confiance, si je pouvais appeler cela ainsi. J’avais appris à revivre, petit à petit, avec l’aide des drogues, certes, mais c’était clairement mieux que rien. Les voix dans ma tête aussi se taisaient. Je n’avais toujours pas trouvé de maître et ça ne me dérangeait pas outre mesure. Je ne savais pas si j’étais soulagée ou effrayée. J’avais ma liberté pour l’instant et c’est ce qui m’importait le plus. J’étais enfin libre. Jusqu’à ce qu’une des créatures décide de m’avoir pour elle seule, j’étais libre.


_________________

(crawling back to you)
i die everytime you walk away, don't leave me alone with me, see, i'm afraid of the darkness, and my demons, and the voices – see nothing's gonna be okay.


all hope abandon, ye who enter here ► drew (hv + hi) (done) Empty Re: all hope abandon, ye who enter here ► drew (hv + hi) (done)

Bakura
Bakura


Race du personnage : Démon ancien.

Re: all hope abandon, ye who enter here ► drew (hv + hi) (done) | le Mer 1 Mai - 7:37



Validation

Félicitations, tu es validée. Tu fais partie du groupe des Esclaves !

Tu peux faire ta demande de maître, lieux, métiers et RPs ICI
Amuse-toi bien !

_________________
all hope abandon, ye who enter here ► drew (hv + hi) (done) Sign_Bakura_3
Ancienne sign:
all hope abandon, ye who enter here ► drew (hv + hi) (done) Ywwq

« Ils me le paieront. Tous autant qu'ils sont. »

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum