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Le serpent de la tentation [Crowley - Terminée]
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Crowley Severus
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Race du personnage : Incube
MessageSujet: Le serpent de la tentation [Crowley - Terminée] Dim 13 Jan - 0:45


AVATAR

Crowley Severus


Avatar : Miles Edgeworth de Ace Attorney
DC ou TC ? : Reboot
Âge : La vingtaine en apparence, mais bien plus vieux en réalité, bien au-delà des 6500 ans
Orientation sexuelle : Hétérosexuel principalement, bisexuel occasionnellement
Race : Incube
Groupe : Maître
Métier : Impie de l’envie (Mâle)


Parlez donc un peu de vous

Code du réglement (répondez à la question): Sur le siège arrière d’une bentley 1925
Âge : 20 et j’ai fait mes vaccins la semaine dernière
J'ai signé le réglement : Déjà fait sur ce compte
Une dernière volonté? : owo


PHYSIQUE
Crowley est très loin de l’image classique et vieillotte d’un démon. D’ailleurs, si vous l’approchiez, vous ne pourriez pas dire à son apparence que vous avez en face de vous un démon vieux de plusieurs millénaires. Peut-être grâce à sa race, l’incube garde l’allure d’un jeune et fringuant adulte qui varie très légèrement aux fils des années pour se conformer à ce que la majorité des femmes trouvent attirant. Mais en vérité, vous pourriez ne pas le voir pendant mille ans, vous n’auriez pas tant de problèmes à le reconnaître.

Pour résumer, Crowley est déjà plutôt grand. Du moins, il donne l’impression de dépasser d’une dizaine de centimètres la moyenne, qu’importe l’époque. Le serpent n’est pas excessivement musclé. Pour tout dire, il ne fait pas particulièrement d’effort pour augmenter sa masse musculaire, principalement parce qu’il ne pense pas en avoir vraiment d’utilité comme ses pouvoirs touchent au mental.

Il cherche à conserver une apparence noble, arborant un costume trois pièces, dont le veston est noir et le reste d’un bordeaux léger. Le serpent porte aussi au cou une collerette, rappelant les rabats des avocats. Il possède aussi un costume avec encore plus de fioriture que Crowley ne sort que pour de rares occasions. Il fait son possible pour toujours garder une posture bien droite, une attitude passante comme pédante pour bon nombre de personne.

Sa peau est blanche, presque livide et il lui donne une attention toute particulière pour garder son état pristin chaque jour que (passer moi l’expression) Dieu fait. Il a de petits yeux en amande, la couleur desquels s’approchent d’un mélange avec du gris ardoise et de l’ambre. Sa coiffure est peut-être ce qui est le plus atypique chez l’incube. Il coupe ses cheveux noir grisâtre assez court, mais, à l’avant, il coiffe deux franges comme pour encadrer son front.



CARACTERE
Fine langue fourchue : Si Crowley possède bien un talent qui définit bien sa personnalité, c’est son éloquence et sa capacité à manipuler les mots. Il aime se servir de sa douce et posé pour obtenir ce qu’il veut, ou simplement dans une discussion quelconque. Exerçant un œil très critique sur le monde, il fait bien souvent preuve d’un cynisme assez violent, semblable à du venin. Mais arrive aussi à l’incube de formuler des compliments un peu trop élaborés.

Altruisme égoïste :  Ce serait très faux de dire que le serpent est une personne généreuse parce qu’il utilise son pouvoir souvent pour venir en aide aux autres. En vérité, c’est une façade qu’il affectionne et c’est un individu particulièrement égoïste. Il aime effectivement rendre service à quiconque en a besoin, mais les raisons qui le pousse à agir ainsi ne sont pas celles que l’on imagine en premier. Le serpent souffre de sa longue existence et ressent très facilement un ennui quasi-mortel. Se servir de ses pouvoirs pour aider quelqu’un d’autre n’est qu’un jeu pour lui. S’il se rend compte qu’il retirera plus de satisfaction à retourner vos désirs contre vous (ou d’utiliser ceux-là pour ses propres intérêts) il n’hésitera pas une seule seconde. La deuxième raison, révélant le caractère manipulateur du démon, c’est qu’un individu est plus enclin à aider une fois que le serpent est dans les bonnes faveurs dudit individu. Dans la majorité des cas, il donne l’impression de ne rien demander en retour, lui permettant de conserver cette réputation et d’avoir facilement la confiance des autres.

Tropophile :  Comme le serpent fait sa mue chaque année, Crowley aime le changement. Pour l’impie de l’Envie, le déséquilibre est le seul état qui permet de progresser. Il prône la liberté et l’esprit de compétition, ce qui permet d’expliquer pourquoi il exècre le concept d’esclave. Pour lui, asservir quelqu’un est une excuse pour se ramollir et régresser. Pas d’amalgame, ceci dit : il n’est pas pro-rebelle, montrant même une certaine hostilité pour ce groupe.

Impie de l’envie : Le démon n’aime pas intérioriser ses désirs. Quand il a envie de quelque chose, il s’arrange pour l’obtenir le plus vite possible. Et si cela doit impliquer quelqu’un d’autre, il s’arrange pour les convenir eux aussi, même s’ils se font souvent avoir au final. C’est aussi une personne jalouse, rarement satisfait par ce qu’il a déjà et ne rechignant devant aucune méthode pour obtenir ce qu’il veut. Il envie les démons dont les pouvoirs les placent au-dessus de l’incube et regarde avec dédain tout individu qui s’affiche comme plus heureux que lui. Seule exception à sa jalousie, les femmes. Oh, il aime toujours cocufier un mari qui à l’air trop heureux, mais il n’a pas d’attrait particulier pour les femmes des autres. L’incube ne voit pas aussi d’inconvénient à ce que sa fiancée voit d’autres hommes que lui (et vice-versa), ne confondant pas l'amour de la chair et l'amour romantique.


POUVOIR
Serpent primordial : L’esprit est comme une immense bibliothèque. Et le pouvoir de Crowley lui permet d’accéder à cette bibliothèque. Parlons d’abord des quelques conditions à l’activation de ce pouvoir.

Pour la première activation, l’incube doit se trouver à faible portée de sa cible. La distance maximale pour une première intrusion est vingt mètres et cela ne fonctionnera que si l’esprit visé est trop fragile pour résister. Ensuite, pour les intrusions suivantes, plus Crowley s’habitue à sa victime, et plus la distance augmente. Face à des individus fragiles psychologiquement et que le serpent suit depuis des années, il peut rentrer dans leur tête sans les voir et à plusieurs kilomètres d’eux. Alors, relativisons, à cette distance, il ne pourra pas non plus faire grand-chose. Il vaut mieux avoir un contact visuel et rester à moins d’une vingtaine de mètres pour que l’effet soit efficace.

Ceci dit, on ne s’introduit pas aisément dans une bibliothèque fermé. Pour cela, Crowley doit, soit connaître le “bibliothécaire”, soit obtenir la confiance de celui-ci pour qu’il ouvre les portes de son esprit, volontairement, soit forcer l’entrée, ce qui peut se révéler être dangereux pour le serpent, voir totalement contre productif. Mais nous verrons pourquoi plus tard.

Il y a un moyen plus rapide et plus efficace, qui consiste à avoir un contact physique avec la cible (minimisant la distance) et de jouer sur l’intimidation pour forcer le passage. C’est une méthode plus risquée, car si l’incube violent trop sa cible, elle peut complètement se fermer à son environnement (et donc à Crowley).

Une fois à l’intérieur de la bibliothèque mental, Crowley peut accéder aux souvenirs, aux pensées, aux peurs, aux rêves, en bref, à la psyché de sa cible. Plus l’information que le serpent veut obtenir est “privé” (comme un secret honteux ou un traumatisme caché à la conscience par l’inconscient) et plus il devra travailler l’individu, soit pour obtenir sa confiance, soit pour fragiliser les verrous psychiques qui protègent les livres.

Avec un accès, l’incube n’est pas seulement capable d’obtenir des informations. C’est à partir de là que son pouvoir devient vraiment utile. Une fois à l’intérieur de cette “bibliothèque” et une fois les accès nécessaires obtenus, il peut modifier ou ajouter de nouvelles informations comme si elle venait de sa cible ou bien révéler à la conscience de celle-là des informations enfouies dans son esprit. Que l’on soit clair, certaines données sont plus facilement modifiables que d’autres. Quelque chose ancrée depuis des années nécessitera bien plus d’effort qu’un souvenir datant de quelques heures, c’est clair. De même, pour rajouter un souvenir ou une pensée, il faut être discret, rentrer l’idée petit à petit pour que la conscience de la cible ne se rende pas compte qu’elle vient se fait avoir. Et, paradoxalement, il faut que l’esprit de sa cible soit ouvert aux changements apportés, qu’il “accepte” que le serpent joue avec lui. On est loin d’une forme de manipulation mentale, mais bien plus proche d’un puissant pouvoir de suggestion, qui peut, par exemple, permettre de pousser la cible à accomplir une action bien spécifique.

Ce pouvoir est cependant dangereux. Révéler un trauma à la lumière du jour peut être encore plus traumatique pour la cible et détruire psychologiquement un individu. Crowley n’est pas non plus à l’abri. Plus il plonge profondément à l’intérieur de la psyché de quelqu’un, plus son esprit se retrouve mêlé à celui de sa cible. Si bien qu’une partie de sa mémoire ou de ses pensées peuvent rentrer et s’imprimer dans la “bibliothèque” de sa cible. Et l’inverse est aussi possible, le serpent pouvant se retrouvant avec de violents souvenirs qui ne lui appartiennent pas.

Des précisions si besoin:

1. Le pouvoir de création/modification/suppression de souvenir ne fonctionne pas comme une manipulation mentale, mais plus comme une forme d’hypnose suggestive. Le changement doit être induit par Crow, en général de manière directe, c’est-à-dire durant une conversion. Exemple très con :
(Crow) Hey, tu te souviens quand gnagnagnagna.
(Cible) Euh, non, pas vraiment.
(Crow) Mais si, c'était quand gnagnagna.
(Cible) Maintenant que tu me le dis.

2. Comme en hypnose, Crow ne peut rien imposer sur ses cibles (sauf cas exceptionnel décrit plus tard). Son pouvoir rend ses suggestions plus efficace, plus prenantes pour la cible et aussi plus crédible, mais la cible doit "accepter" inconsciemment ces informations. Si quelqu'un ne veut vraiment pas, du fond de son corps, faire quelque chose, alors Crow ne pourra pas le forcer à le faire. D'où l'idée des verrous et que Crowley doit obtenir la confiance de ses cibles pour rendre plus efficace son pouvoir.

3. Si Crowley à l'ascendant psychologique, par exemple si sa cible est transie de peur face à lui et qu'il parle d'une voix menaçante, l'efficacité sera bien supérieure, jusqu'à la capacité de faire croire à sa cible un truc totalement absurde.

4. Quand bien même, ça ne se fait pas d’un claquement de doigts. Il doit passer un peu de temps avec elle, comprendre qui elle est, ce qu'elle veut, etc. Et même après ça, il n'est pas parfaitement capable de lire les pensées, mais il essaie de les deviner, avec les indices qu'il peut trouver. C’est donc un travail de mentalisme. Encore une fois, les effets sont maximums (ie accès totale à la psyché de l'individu et capacité à faire un peu ce que l'on veut avec) que si l'individu visé ne met aucune résistance. Dans un cas concret, c'est un processus globalement lent.



HISTOIRE
Cela faisait plusieurs minutes que j’étais dans le froid et dans l’hésitation. L’éclat de la lune illuminait sur les neiges de ce début d’année. Je me tenais devant le pas du domicile de Ronan, un ami de longue date, indécis quant à savoir si j’allais ou non sonner. Finalement, ne voulant pas avoir fait la route pour rien, je décidai d’annoncer ma présence d’une pression sur la sonnette. Avant l’ouverture de la porte, je pris soin d’épousseter la poudreuse qui s’était accumulée sur mes épaules, donnant l’impression que je venais tout juste d’arriver. Quelques instants après mon appel, un clic de verrou se fit entendre. La porte s’ouvrit révélant la mine surprise de Ronan, une tisane à la main :
- Crowley ? Qu’est-ce que tu fais ici à une heure pareil ? Bon, rentre, tu me diras tout à l’intérieur.

Ronan était un sacré gaillarde. Une espèce de géant me dépassant de près de deux têtes aux allures d’antique héros grec. Il était pourtant habillé chaudement, un grand peignoir de fourrure et deux pantoufles imitant une tête de loup dans un mauvais goût assez impressionnant. S’il y avait bien quelque chose qui empêchait quiconque de craindre ce gros bonhomme, c’était bien sa tête. Pour un loup-garou, son crâne tenait plus du Saint-Bernard ou du Labrador que du Berger Allemand. Un homme d’une grande gentillesse, grande attention, mais surtout – et la raison qui faisait que je l’appréciais – d’une grande intelligence. Je retirai mon imperméable et pris le temps de répondre à ses interrogations, me dirigeant en même jusqu’au salon de mon ami à poil pour m’asseoir lourdement dans son canapé :
- J’avais besoin de discuter un peu. Et je ne crois pas avoir beaucoup de psychologues dans mon cercle d’amis.
- Oh merde, il s’est passé quelque chose avec Cassiopée ? s’enquit-il, véritablement inquiet pour moi et ma fiancée.
- Hein, levai-je la tête nonchalamment. Oh non, tout va bien entre nous. Elle te passe le bonjour d’ailleurs. Non, j’ai de vieux souvenir qui sont remontés et dont je ne voulais pas garder pour moi. C’est plus simple de partager ce genre d’histoire.

Intrigué, Ronan était parti chercher une bouteille de scotch, tant pour rendre la soirée pour agréable que pour adoucir ma gorge et ne pas la fatiguer. Il s’assit confortablement à ma droite dans son fauteuil fétiche en cuir et attendit que je commence en nous servant un première verre :
- Pour bien tout comprendre, il faut remonter aux origines...

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Je suis né il y a très longtemps, sur la planète originel des démons. J’ai très peu de mémoire de cette période de ma vie. Ce que je sais, c’est que je n’étais pas l’héritier que mes parents souhaitaient avoir. Il me semble que je m’absentais souvent du domicile familial pour faire tout ce que je trouvais d’excitant, avant de me faire escorter de retour chez moi pour recevoir un sermon sur les responsabilités personnelles, tant de choses qui me poussait à recommencer encore et encore. Je dois tout de même remercier mes parents pour m’avoir fait rencontrer Cassiopée.

Mais bon, au bout d’un temps, j’ai eu l’impression d’avoir fait le tour de ce que la vie avait à m’offrir et, à l’époque, je n’étais pas prêt à commencer des années de calme et de politique en prenant la suite de mon père. Alors quand Satan et ses amis m’ont approché pour me proposer de les accompagner pour un projet fou. Si fou que je ne pouvais pas refuser. Ils pensaient avoir besoin de mes pouvoirs et je pensais pouvoir m’amuser là où ils allaient. Je n’ai pas été si surpris de voir que Cassiopée n’allait pas me laisser partir et me divertir sans elle. Au final, sans prévenir mes parents, j’ai réalisé la fugue ultime, suivant Satan jusqu’à la Terre.

La suite, tu la connais. Les démons arrivent sur Terre, ils se font rouler dessus par les anges et l’immense majorité se fait enfermer en enfer. Quant à moi, je me suis enfui presque immédiatement. En vérité, je n’en avais pas grand-chose à faire du plan de Satan et je n’avais aucune envie de finir dans les limbes. J’ai donc mis les voiles en m’assurant que Cassiopée était elle aussi en sécurité. On s’est vite perdu de vue ceci dit.

C’est ainsi que débute ma vie terrestre. Pendant les premiers siècles, j’ai fait l’exact même chose que sur l’autre planète. Aussi, l’ennui est venu me hanter encore plus vite. Cependant, à vivre caché au milieu des humains, j’ai commencé à aider ces derniers à réaliser les désirs les plus profonds ou étranges qu’ils pouvaient avoir. J’ai alors réalisé qu’accomplir les envies d’autrui représentait un défi plus complexe et plus stimulant qu’accomplir les siens. C’est devenu ma passion. Chaque individu était différent, pensait différemment, avait des relations, des expériences de vie, et cætera. En bref, la diversité était telle que je n’ai jamais pu me lasser.

Je ne vais pas mentir, parmi toutes mes tentatives, il y a eu beaucoup de raté. Le plus souvent, la situation finissait par échapper à mon contrôle. Un prince qui a une poussée d’orgueil et qui se lance dans un délire mégalomaniaque de domination. Une femme qui devient obsédée par sa jeunesse aux points de massacrer tout plein de jeune fille. Au début, quand ce genre de problème surgissait, j’essayais de corriger le tir. Mais je me rendais compte que l’esprit de mes cibles était devenu trop clos pour pouvoir se faire influencer par mes suggestions. J’ai appris à lâcher l’affaire et à être plus précautionneux concernant mon pouvoir.

J’ai passé la majorité de mon temps sur Terre en Europe. Je revoyais Cassiopée à hauteur d’une dizaine d’années par siècle. Je lui parlais de mes plus beaux résultats, des individus qui avaient obtenus ce qu’ils désiraient le plus grâce à mes actions, des échecs les plus insolites que j’avais causé. Puis aux alentours de l’an 1500 de l’ère commune humaine, alors que j’avais élu domicile dans un petit village des alpes, j’ai fait une rencontre très particulière. J’avais passé la journée à charmé la plus jeune et plus prude des bonnes sœur du couvent bordant le village et, en retournant dans ma petite chaumière, je me suis fait agresser par un ange. Je pense que tu le sais bien, mais je ne suis pas un très bon combattant, j’ai donc fait la chose la plus logique à mes yeux, prendre la fuite. Il m’a poursuivi pendant un mois avant de m’acculer. L’être ailé s’est présenté sous le nom d’Aziraphales et m’a expliqué qu’il cherchait à se venger de ce que je lui avais fait quatre mille ans plus tôt.

Donc j’ai cherché dans les profondeurs de ma mémoire, mais dans la période trouble qui a suivi le premier conflit entre les anges et les démons, j’avais causé du tort à beaucoup d’anges. L’épée de flamme avec laquelle il me menaçait a cependant fait remonté les souvenirs. Effectivement, durant ma fuite, j’étais tombé sur cette Aziraphales qui voulait m’envoyer aux enfers. Dans l’optique de me défendre, j’avais utilisé mes pouvoirs aux maximums pour le pousser à tuer un humain qui passait par là. Puis j’avais profité de la panique pour m’enfuir.

Et maintenant, j’avais un ange assoiffé de vengeance prêt à abattre son arme sur ma tête. Désireux de gagner du temps, j’ai demandé pourquoi un ange s’abaissait à tant de violence, avant d’énoncer l’hypothèse qu’à la suite de notre première rencontre, il avait été déchu. Voyant sa mine s’assombrir, j’ai compris que j’avais touché juste. Je l’ai donc mis au défi d’accepter sa nature de déchu et de tuer sans ménagement l’horrible démon que j’étais. Convenablement à mes attentes, il a refusé, me laissant la vie sauve, mais annonçant clairement qu’à partir de ce jour, il allait garder un œil sur moi pour que je ne commette plus de méfaits. Je n’avais pas vraiment mon mot à dire et je pensais alors pouvoir m’en débarrasser les années suivantes.

La cohabitation avec l’ange a d’abord été la pire expérience que j’avais eue dans toute ma vie. Bien que déchu, il était aussi droit et intègre que pouvait l’être un ermite fanatique. Aussi, il restait constamment sur mon dos, m’empêchant de conclure la corruption que j’avais si bien entamé avec la jeune nonne. Et puis le temps a passé et, avec ça, nous nous sommes de plus en plus rapproché. Jusqu’à passer ce que nous avons appelé « l’Accord ». Il était d’une simplicité extrême, le genre de ceux que les espions isolés concluent avec leur homologue quand ils comprennent qu’ils ont plus de points communs avec adversaires immédiats qu’avec de lointains alliés. Aziraphales m’autorisait à me servir de mes pouvoirs pour faire ce que je voulais, mais en échange, il pouvait m’ordonner de remettre certaines personnes dans le droit chemin – selon les critères de l’ancien ange. Aziraphales est finalement devenu mon ami secret. Même Cassiopée n’en a pas connaissance.

J’ai perdu sa trace quatre siècles avant l’arrivée de Mephisto sur Terre. Et quand la seconde invasion s’est produite, je me suis rangé du côté des démons, essayant plus de limiter la casse et les massacres inutiles que pour les aider. C’est à la fin que j’ai retrouvé Cassiopée et qu’elle m’a proposé de se marier. J’avais peur que l’ennui revienne avec les démons, mais maintenant que j’avais compris comment utiliser mes pouvoirs de manière stimulante, je n’avais plus besoin de me restreindre aux humains. Et puis, surtout, on voulait me donner le titre d’Impie. J’ai accepté tout naturellement.

Quand je réfléchis aux raisons de sa disparition, je suis toujours arrivé à la conclusion qu’il avait fini par mourir durant la seconde invasion. J’avais accepté cette idée... jusqu’à quelques jours. J’ai reçu une lettre, me donnant rendez-vous dans un petit restaurant discret. Je l’y ai rencontré, mais j’aurais préféré ne pas y aller. Il me raconta ce qu’il avait fait toutes ces années et qu’il était désormais dans la rébellion. Il pensait sûrement réussir à me convaincre à devenir un agent double pour les aider, mais je n’ai fait que me lever et d’expliquer qu’il n’y avait plus d’Accord. En vérité, je lui en voulais. Je lui en voulais de ne pas être venu me retrouver plus tôt, mais surtout de chercher à m’utiliser pour satisfaire ses envies. Ironique, pour un démon dont la passion est d’accomplir les désirs des autres.

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- Et c’est pour cela que tu es venu me voir ? reprit finalement Ronan après le long silence qui suivit mon histoire. Effectivement, si on apprenait qu’un rebelle avait des liens avec un Impie, ça ne se finirait pas très bien.

L’ambiance dans le salon de mon ami n’était plus aussi chaleureuse qu’avant. J’avais refusé de parler de tout ça à Cass tant pour ne pas l’inquiéter que parce qu’en plus de mille an, elle n’avait jamais entendu parler de cet Aziraphales. Dans tous les cas, j’avais désormais un poids en moins sur la conscience. Je jetai un coup d’œil furtif sur l’horloge, qui indiquait minuit passé. Posant le verre sur la table basse, je me relevai sur mes pieds et commençai à me diriger vers la sortie. Je m’arrêtai à côté du fauteuil de Ronan et posa ma paume sur son épaule :
- Vu la situation, commençai-je d’une voix calme mais grave, tu comprends bien que tu ne dois pas parler de ça à quiconque.
- Bien sûr Crowley, je garderai ma bouche fermée.
- Je préférerais que tu oublies tout de cette soirée. Tu peux bien faire ça pour moi.

Je connaissais bien le loup-garou et, aussi intelligent qu’il pouvait être, il me faisait trop confiance pour me résister. Chacun de mes mots appuyait sur sa conscience pour effacer tout souvenir de notre discussion. Si bien qu’en sortant de sa maison, Ronan ne se souvenait déjà plus de mon arrivée.

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Andrew Ryan
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MessageSujet: Re: Le serpent de la tentation [Crowley - Terminée] Jeu 17 Jan - 22:41


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